Dépose d'une toiture en fibrociment amianté dans les Bouches-du-Rhône : repérage, réglementation et remplacement en sécurité
- 20 juil.
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Sommaire
Introduction
Une grande partie des hangars, garages, ateliers et abris de jardin des Bouches-du-Rhône est encore couverte de plaques ondulées en fibrociment. Sur les constructions antérieures à 1997, ces plaques contiennent presque systématiquement de l'amiante.
La vraie question n'est pas de savoir si ce matériau doit disparaître, mais comment le retirer sans exposer qui que ce soit. Une plaque intacte et bien fixée libère très peu de fibres, alors qu'une plaque brisée ou brassée à la meuleuse devient un problème sanitaire immédiat.
Ce guide détaille la méthode d'un couvreur-zingueur confronté à une toiture en fibrociment amianté. Repérage, obligations réglementaires, déroulé de chantier, traçabilité des déchets et choix de la nouvelle couverture y sont passés en revue.
L'objectif est de vous permettre de comprendre précisément ce que recouvre ce type de chantier. Vous saurez quelles questions poser et quels documents exiger avant de signer.
Reconnaître une toiture en fibrociment amianté
Le fibrociment est un mélange de ciment et de fibres moulé en plaques rigides. Jusqu'en 1997, les fibres utilisées en France étaient majoritairement de l'amiante, apprécié pour sa résistance et son coût de mise en œuvre.
Sur le terrain, ce matériau se repère à des signes visuels assez constants. Encore faut-il ne pas le confondre avec les plaques modernes sans amiante, visuellement très proches.
Les plaques ondulées, signature du fibrociment
La forme la plus courante reste la plaque ondulée grise, posée sur des pannes métalliques ou bois avec des crochets et des tire-fond. Sa teinte vire souvent au vert ou au noir sous l'effet des mousses et du ruissellement.
Les plaques planes de bardage, les conduits de ventilation et certaines descentes d'eaux pluviales relèvent de la même famille. Un chantier de dépose ne se limite donc pas toujours à la seule surface de couverture.
La date de construction, premier indice
Un bâtiment dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997 doit être considéré comme suspect par défaut. C'est la date d'interdiction de l'amiante en France qui sert de repère de référence.
Après cette date, les fabricants ont basculé vers des fibres de synthèse ou de cellulose, sans danger comparable. Le problème est que l'aspect extérieur des plaques a très peu changé.
Seule une analyse en laboratoire sur prélèvement permet de trancher avec certitude. Aucun couvreur sérieux ne vous affirmera le contraire sur la base d'un simple coup d'œil depuis le sol.
Pourquoi l'amiante pose problème sur un toit
L'amiante n'est dangereux que lorsqu'il libère des fibres respirables dans l'air. Tant que le liant ciment reste sain et cohérent, les fibres demeurent piégées dans la masse.
Le problème vient du vieillissement de la surface en climat méditerranéen. Alternance de fortes chaleurs, d'orages violents et de rafales de mistral finit par déliter la peau de ciment.
Des fibres libérées par la casse et l'abrasion
Toute action mécanique agressive transforme une plaque stable en source d'émission de fibres. Meulage, perçage, brossage, nettoyage haute pression et casse volontaire figurent en tête des gestes à proscrire.
C'est exactement pour cette raison qu'un nettoyeur haute pression ne doit jamais toucher une plaque de fibrociment ancienne. Le jet arrache la couche superficielle et disperse les fibres sur toute la parcelle.
Comme nous l'évoquions dans notre article sur la réparation de toiture après la grêle, un choc violent fragilise durablement une couverture. Sur du fibrociment amianté, la même grêle transforme les micro-fissures en points d'émission.
Une toiture amiantée dégradée expose aussi le voisinage immédiat. Les eaux de ruissellement entraînent des fibres vers les descentes, les regards et parfois le potager.
Le repérage avant travaux, étape non négociable
Avant toute intervention, le donneur d'ordre doit faire réaliser un repérage amiante avant travaux, souvent désigné par le sigle RAAT. Ce document conditionne l'organisation complète du chantier.
Il est réalisé par un opérateur de repérage certifié, indépendant de l'entreprise qui réalisera les travaux. Le couvreur ne peut pas s'auto-délivrer ce rapport.
Ce que contient un rapport de repérage
Le rapport localise chaque matériau contenant de l'amiante, plaque par plaque et zone par zone. Il précise l'état de conservation, le mode de fixation et l'accessibilité de chaque élément.
Il s'appuie sur des prélèvements analysés en laboratoire accrédité. Les résultats sont annexés au rapport et vous appartiennent en tant que maître d'ouvrage.
Ce document sert ensuite de base au chiffrage et au plan de retrait. Sans lui, une entreprise sérieuse refusera tout simplement d'ouvrir le chantier.
Conservez-le précieusement avec le dossier technique du bâtiment. Il vous sera réclamé en cas de revente, comme nous le détaillions au sujet du diagnostic de toiture avant achat.
Le cadre réglementaire de la dépose
Le retrait d'amiante lié relève du Code du travail et de ses arrêtés d'application. Deux régimes coexistent selon la nature de l'opération.
La sous-section 3 couvre les travaux de retrait et d'encapsulage proprement dits. Elle impose une certification de l'entreprise par un organisme accrédité, un plan de retrait et un personnel formé spécifiquement.
La sous-section 4 concerne les interventions susceptibles de provoquer l'émission de fibres sur des matériaux amiantés, sans retrait complet. Le personnel doit y être formé et suivre un mode opératoire écrit.
Une dépose totale de couverture en fibrociment amianté relève de la sous-section 3. Exigez donc le certificat de l'entreprise et son numéro d'accréditation avant toute signature.
Le plan de retrait doit être transmis un mois avant le démarrage à l'inspection du travail, à la Carsat et à l'OPPBTP. Ce délai incompressible doit être intégré très en amont dans votre planning.
En parallèle, le changement d'aspect de la toiture impose des formalités d'urbanisme. Le sujet est détaillé dans notre article consacré à la déclaration préalable de travaux de toiture, à déposer en mairie avant le chantier.
Le déroulé d'un chantier de dépose en sécurité
Un chantier de dépose bien mené ressemble davantage à une opération chirurgicale qu'à une démolition. Le maître mot est la limitation des émissions à la source.
La durée dépend surtout de la surface, de l'accessibilité et de l'état des plaques. Une couverture déjà fissurée demande davantage de précautions qu'un ensemble homogène et sain.
Préparation et protection de la zone
La zone de travail est balisée et interdite d'accès pendant toute la durée du retrait. Un affichage rappelle la nature de l'opération et les consignes à respecter.
Les abords sont protégés par des bâches de confinement au sol, notamment sous les rives et les débords. Elles serviront ensuite de réceptacle aux éventuels débris.
Les opérateurs portent des équipements de protection individuelle adaptés : combinaison jetable, masque à ventilation assistée et gants. Une procédure de décontamination encadre chaque sortie de zone.
La dépose plaque par plaque, sans casse
Les plaques sont humidifiées par aspersion douce avant toute manipulation, jamais au jet haute pression. L'humidification limite considérablement l'envol des fibres.
Les fixations sont découpées ou dévissées lentement, sans meulage ni percussion. Chaque plaque est ensuite descendue entière, à la main ou par moyen de levage.
Les plaques sont filmées ou palettisées immédiatement après dépose, sans stockage prolongé à l'air libre. Aucune plaque n'est jetée depuis le toit.
Une fois la couverture retirée, la charpente et l'ossature sont inspectées. Les principes de contrôle sont ceux décrits dans notre guide de la charpente de toiture et de sa rénovation, particulièrement pour les appuis de pannes.
Évacuation et traçabilité des déchets
Les plaques déposées constituent des déchets dangereux, et non des gravats ordinaires. Elles ne peuvent en aucun cas rejoindre une benne de chantier classique ou une déchetterie communale non habilitée.
Le transport s'effectue vers une installation autorisée à recevoir de l'amiante lié, en Provence-Alpes-Côte d'Azur ou en région limitrophe. Le contenant reste scellé du chantier jusqu'à l'exutoire.
Chaque évacuation est tracée par un bordereau de suivi des déchets d'amiante. Ce document nommé BSDA circule entre le producteur, le transporteur et l'installation de destination.
Exigez systématiquement la copie du bordereau signé par l'exutoire final. C'est la seule preuve que vos plaques ont été traitées dans les règles et non abandonnées dans la nature.
Quelle couverture poser après la dépose
Une fois la toiture mise à nu, la question devient celle du remplacement. Le choix dépend de l'usage du bâtiment, de la pente et de la portance de l'ossature existante.
La dépose est aussi l'occasion d'améliorer les performances thermiques et l'étanchéité générale. Repartir d'une structure nue ouvre des possibilités qu'une simple réparation n'offrait pas.
Le bac acier, solution la plus fréquente
Le bac acier reprend la même logique de grande plaque posée sur pannes, avec des portées comparables. C'est souvent le remplaçant le plus direct sur un hangar ou un garage.
Les profilés existent en version simple peau ou en panneau sandwich isolant. Le second apporte un confort d'été nettement supérieur sous le climat des Bouches-du-Rhône.
Sur une maison d'habitation, la tuile canal ou romane reste la référence esthétique locale. Elle suppose une ossature capable d'encaisser une charge permanente plus élevée.
Dans tous les cas, la reprise complète suit la méthode exposée dans notre dossier sur la réfection de toiture complète. Le calcul de charge doit précéder le choix du matériau, jamais l'inverse.
Les erreurs à ne jamais commettre
La première erreur consiste à déposer soi-même ses plaques un samedi matin. Un particulier peut légalement intervenir chez lui, mais il s'expose sans protection et génère un déchet qu'il ne saura pas évacuer.
La deuxième erreur est le nettoyage haute pression d'une toiture en fibrociment. Ce geste, encore proposé par des démarcheurs peu scrupuleux, transforme une plaque stable en nuage de fibres.
La troisième erreur consiste à casser les plaques pour réduire le volume de la benne. Le gain de place se paie par une contamination du chantier et de ses abords.
La quatrième erreur est d'accepter un devis sans certification sous-section 3 ni mention du BSDA. Une offre nettement plus basse que les autres cache généralement une évacuation sauvage.
La dernière erreur est de repousser indéfiniment la dépose d'une toiture déjà dégradée. Plus les plaques se fissurent, plus le chantier devient délicat et contraignant à organiser.
Tableau de repères pratiques
Ce tableau de synthèse résume les situations les plus courantes rencontrées sur le département. Il ne remplace pas un diagnostic sur site.
Situation constatée | Risque principal | Bonne pratique |
Plaques saines, bien fixées | Faible émission | Surveiller sans agresser |
Plaques fissurées ou délitées | Fibres libérées | Programmer une dépose |
Casse accidentelle isolée | Contamination locale | Confiner et faire intervenir |
Mousses et ruissellement | Abrasion du liant | Ne jamais laver au jet |
Projet d'extension | Manipulation imprévue | Repérage amiante en amont |
Revente du bâtiment | Litige après vente | Fournir le rapport RAAT |
La lecture de ce tableau amène une conclusion simple : l'inaction n'est un bon choix que sur des plaques encore saines. Dès que la dégradation s'installe, la dépose devient la seule voie durable.
Retour de chantier à Martigues
Un hangar agricole de la zone de l'étang de Berre présentait une couverture en plaques ondulées posées au début des années 1980. Les rives étaient délitées et plusieurs plaques avaient cédé sous les rafales.
Nous avions repoussé le sujet pendant des années par crainte de la complexité. Le repérage, le plan de retrait puis la dépose se sont finalement enchaînés sans surprise, et nous avons reçu tous les bordereaux d'évacuation.
Le chantier a été organisé en deux phases distinctes, avec dépose complète puis pose d'une couverture neuve sur ossature renforcée. Le bâtiment a retrouvé son usage sans exposition pour les occupants.
Ce type de retour illustre un point important : l'anticipation règle la quasi-totalité des difficultés. Les délais administratifs sont connus à l'avance et se planifient sereinement.
Questions fréquentes
Comment savoir si mes plaques contiennent de l'amiante ? Seule une analyse de prélèvement en laboratoire le confirme, même si une construction antérieure à 1997 doit être considérée comme suspecte.
Puis-je déposer mes plaques moi-même ? La loi ne l'interdit pas à un particulier chez lui, mais l'exposition et la gestion des déchets rendent cette solution fortement déconseillée.
Faut-il une autorisation d'urbanisme ? Le changement d'aspect extérieur de la toiture impose généralement une déclaration préalable en mairie, à vérifier selon le règlement local.
Combien de temps dure un chantier de dépose ? Le retrait lui-même est souvent rapide, mais le délai réglementaire d'un mois pour le plan de retrait conditionne la date de démarrage.
Que faire si une plaque casse accidentellement ? Il faut humidifier, confiner la zone, ne pas balayer à sec et faire intervenir une entreprise compétente pour le ramassage.
Puis-je simplement recouvrir l'ancienne toiture ? Le sur-couvrement existe mais il laisse l'amiante en place, alourdit la structure et complique fortement toute intervention future.
Confier votre dépose à Frédéric Ricotier
Une toiture en fibrociment amianté traitée dans les règles, c'est un bâtiment assaini et un dossier technique en ordre. C'est aussi la fin d'une inquiétude qui dure souvent depuis des années.
Pour approfondir le sujet, la notion de toiture et de ses différents modes de couverture est bien documentée. Elle aide à replacer le fibrociment dans l'histoire des matériaux.
Frédéric Ricotier, votre couvreur-zingueur dans les Bouches-du-Rhône, vous accompagne de l'organisation du repérage jusqu'à la pose de la nouvelle couverture. Il intervient à Châteauneuf-les-Martigues, Martigues, Marseille et sur tout le pourtour de l'étang de Berre.
Demandez dès maintenant votre devis gratuit sur la page contact. Chaque proposition est établie après visite technique, en coordination avec les intervenants certifiés.



