Lucarne et chien-assis Bouches-du-Rhône : techniques de pose, dimensions et tarifs 2026 pour aménager vos combles
- 19 mai
- 9 min de lecture

La lucarne et le chien-assis comptent parmi les ouvrages les plus emblématiques de la couverture traditionnelle française, et ils restent très demandés dans les Bouches-du-Rhône pour aménager des combles.
Sur l'arc Marseille, Châteauneuf-les-Martigues, Martigues, Aix-en-Provence et le pourtour de l'Étang de Berre, ces ouvrages transforment un volume perdu en pièce de vie tout en signant le caractère architectural de la maison.
Une lucarne crée une véritable ouverture verticale dans le rampant : elle apporte de la hauteur sous plafond et un éclairement plus généreux qu'un châssis posé dans la pente.
Mais l'ouvrage est complexe : il touche à la charpente, à la couverture, à la zinguerie et à l'étanchéité périphérique en même temps.
La page Wikipedia consacrée à la lucarne en résume l'histoire et les variantes, mais la mise en œuvre méditerranéenne impose ses propres contraintes : exposition au mistral, tuiles canal ou romanes, abergement zinc sur fond pluvieux concentré.
Lucarne, chien-assis, jacobine, capucine : la typologie des ouvrages sortants
Le terme lucarne regroupe toutes les ouvertures verticales pratiquées dans un pan de toiture, surmontées de leur propre couvrement.
Le chien-assis est une variante à couvrement plat ou à très faible pente, héritée des combles parisiens et très répandue dans les Bouches-du-Rhône pour son économie de matière.
La lucarne jacobine est couverte par deux pans symétriques formant un fronton triangulaire : elle s'intègre élégamment sur les bastides provençales et les mas rénovés.
La lucarne capucine présente un toit à deux pans débordant sur les côtés : elle est moins fréquente en Provence mais reste sollicitée sur les corps de bâtiments anciens du Pays d'Aix.
On distingue enfin la lucarne rampante ou retroussée, à coyau ou à fronton arrondi : autant de variantes qui se choisissent selon le règlement local d'urbanisme et l'identité du bâti.
Une charpente bien dimensionnée reste la condition indispensable à la création de tout ouvrage sortant : la trémie pratiquée dans le rampant doit être reportée sur les pannes maîtresses.
Urbanisme, PLU et règlement local dans les Bouches-du-Rhône
Tout projet de lucarne dans le département des Bouches-du-Rhône relève au minimum d'une déclaration préalable de travaux déposée en mairie.
Dès que la surface créée dépasse 20 mètres carrés ou que l'emprise au sol franchit ce seuil, c'est un permis de construire qui devient obligatoire.
Sur Marseille, le PLUi de la métropole Aix-Marseille-Provence encadre étroitement le pourcentage maximal d'ouvertures et la nature du couvrement autorisé : tuile canal en terre cuite vieillie sur la majorité du centre historique.
Dans les communes du pourtour de l'Étang de Berre, on tolère plus largement les chien-assis discrets ; en revanche, dans le périmètre des Architectes des Bâtiments de France — abords d'édifices classés, secteur sauvegardé d'Aix ou cœurs de village — la lucarne traditionnelle à fronton est souvent imposée.
Le délai d'instruction varie de un mois pour la déclaration préalable à trois mois pour le permis de construire, plus un mois supplémentaire en cas de consultation de l'ABF : il faut donc anticiper plusieurs mois avant le démarrage des travaux.
Du diagnostic charpente à la mise hors d'eau : déroulé chantier
Toute création de lucarne commence par un relevé précis de la charpente existante : section des pannes, écartement des chevrons, niveau de la ferme la plus proche.
On vérifie l'état sanitaire du bois : présence éventuelle de capricornes, de vrillettes ou de termites, et taux d'humidité dans les pieds de fermes.
Vient ensuite l'ouverture de la trémie : on dépose les tuiles, on découpe le voligeage et on tronçonne précautionneusement les chevrons à l'aplomb de la future joue.
Les chevrons sectionnés sont alors repris par un chevêtre, c'est-à-dire deux pièces de bois transversales qui redistribuent les efforts vers les pannes adjacentes.
Sur la base du chevêtre, le couvreur monte la structure de la lucarne : sablière basse, jambages verticaux, linteau supérieur et chevrons du nouveau couvrement.
Une dormante en bois exotique ou en aluminium thermolaqué est posée pour recevoir le futur ouvrant : châssis vitré, fenêtre à la française ou ensemble menuisé sur mesure.
La mise hors d'eau intervient dans la même journée : pose du voligeage, de l'écran de sous-toiture HPV, des contre-lattes puis des liteaux, et enfin du couvrement neuf.
Tableau comparatif des principaux types de lucarnes
Le tableau suivant synthétise les particularités techniques et l'usage typique de chaque famille de lucarne rencontrée sur les chantiers du département.
Type de lucarne | Couvrement | Largeur courante | Usage typique |
Chien-assis | Toiture plate ou pente 5 % | 80 à 150 cm | Comble bas, gain économique, jamais en secteur ABF |
Jacobine | Deux pans à fronton triangulaire | 120 à 180 cm | Bastide provençale, mas, maison de village |
Capucine | Deux pans débordant latéralement | 150 à 220 cm | Bâti ancien Pays d'Aix, granges réhabilitées |
Rampante | Un seul pan dans la pente | 100 à 160 cm | Comble étroit, longère, intégration discrète |
Retroussée | Cintre arrondi en partie haute | 120 à 180 cm | Bâti bourgeois XIXe, signature architecturale forte |
Le choix dépend autant de la pente du rampant porteur que de l'inscription du bâtiment dans son environnement réglementaire : un chien-assis sera refusé d'office sur un mas inscrit aux abords d'une église, là où une jacobine sera plébiscitée.
Charpente et trémie : ouvrir un pan sans affaiblir la structure
L'ouverture d'une trémie dans un rampant existant est l'opération la plus sensible : elle interrompt la continuité structurelle des chevrons et concentre les efforts sur les pannes adjacentes.
Le calcul du chevêtre se fait selon les règles de l'Eurocode 5 : sections généralement portées à 75 par 225 millimètres pour reprendre trois à quatre chevrons sectionnés.
Les jambages verticaux de la lucarne sont assemblés à tenon et mortaise ou par sabots métalliques galvanisés, selon le mode d'exécution traditionnel ou contemporain.
Sur les charpentes en fermettes industrielles très courantes dans les pavillons des années 80 du département, l'ouverture d'une trémie impose la pose d'une ou deux fermes maîtresses supplémentaires pour récupérer la charge.
Le couvrement de la lucarne lui-même repose sur des chevrons de 60 par 80 millimètres généralement, posés à 50 centimètres d'entraxe selon le couvrement choisi.
Tout l'ouvrage est traité par autoclave classe 3 minimum pour résister aux remontées d'humidité et aux écarts thermiques violents typiques du climat méditerranéen.
Couverture, abergement et zinguerie : les points sensibles
La couverture d'une lucarne reprend en règle générale le même matériau que le toit principal : tuile canal terre cuite vieillie pour les versants exposés au sud, tuile romane mécanique pour les pavillons des années 70-80, ou ardoise sur certains corps de bâtiments du Pays d'Aix.
La zone la plus exposée aux infiltrations est la jonction entre la joue de la lucarne et le rampant principal : c'est là que les eaux de pluie convergent et s'accélèrent par effet venturi.
Le noquet en zinc 0,65 ou 0,70 millimètre assure l'étanchéité de cette jonction : sa façon comprend un retour d'environ 80 millimètres sous le couvrement principal et une remontée de 100 millimètres sur la joue.
Au-dessus de la lucarne, une bavette en zinc ou en plomb laminé 1,5 millimètre récupère les eaux du rampant amont et les renvoie de part et d'autre vers les noquets latéraux.
La zinguerie complète d'une lucarne inclut aussi le solin haut, les retournements de joues, l'habillage du fronton et parfois un chéneau encastré sur les jacobines de grande largeur.
On évite absolument le solin mortier seul : le mortier de chaux finit toujours par se fissurer sous l'effet des chocs thermiques, surtout en exposition sud sur le Vieux-Port marseillais ou les coteaux d'Aix.
Tarifs 2026 par type de lucarne dans le département
Les tarifs ci-dessous sont indicatifs en 2026 pour une lucarne en création complète, charpente + couverture + menuiserie + zinguerie comprise, hors finitions intérieures et électricité.
Type de lucarne | Largeur courante | Tarif fourni et posé 2026 | Délai chantier |
Chien-assis simple | 120 cm | 4 200 à 6 800 EUR TTC | 5 à 8 jours |
Lucarne rampante | 120 à 140 cm | 5 500 à 7 800 EUR TTC | 6 à 10 jours |
Lucarne jacobine | 140 à 180 cm | 7 800 à 12 500 EUR TTC | 8 à 14 jours |
Lucarne capucine | 160 à 220 cm | 9 800 à 15 000 EUR TTC | 10 à 16 jours |
Lucarne retroussée | 140 à 180 cm | 10 500 à 16 800 EUR TTC | 12 à 18 jours |
Ces fourchettes intègrent la dépose des tuiles, le chevêtre, l'ossature, le couvrement, la zinguerie périphérique, la pose d'une menuiserie standard et la mise hors d'eau définitive.
Les chantiers en secteur ABF du Vieux-Aix, du Panier marseillais ou du centre ancien d'Arles affichent un surcoût de 15 à 25 % pour respect des prescriptions patrimoniales : tuiles vieillies récupérées, badigeon de chaux, fers forgés sur mesure.
Isolation et confort thermique de la lucarne et des combles
Une lucarne reste un point thermique critique du toit : trois plans isolés se rencontrent — joues verticales, couvrement supérieur et liaison avec le rampant principal.
La résistance thermique imposée par la RE 2020 pour une rénovation de toiture est de R = 7 m².K/W minimum : on atteint cette valeur avec 280 millimètres de laine de verre ou 240 millimètres de fibre de bois haute densité.
Les joues sont isolées par l'intérieur en double couche croisée pour éviter tout pont thermique aux jonctions tasseaux-isolant.
Le couvrement supérieur est isolé sur chevrons par sarking ou sous chevrons par ITI classique selon que l'on souhaite préserver les bois apparents ou les masquer par un plafond.
Le programme MaPrimeRénov' et les Certificats d'Économies d'Énergie peuvent financer une partie des travaux d'isolation associés à la création de la lucarne, à condition de passer par une entreprise titulaire du label RGE Qualibat.
On veille particulièrement à la continuité du pare-vapeur : tout défaut de scotchage à la jonction joue-rampant provoque immanquablement de la condensation et un noircissement des bois après le premier hiver.
Aides financières, garanties et label couvreur-zingueur
La création d'une lucarne mobilise plusieurs dispositifs d'aide quand elle s'accompagne d'une opération d'isolation thermique : MaPrimeRénov', CEE, éco-PTZ, TVA à 5,5 %.
Dispositif | Conditions | Montant indicatif 2026 |
MaPrimeRénov' Bleu | Revenus très modestes, isolation associée | 75 EUR/m² jusqu'à 7 500 EUR de prime |
CEE coup de pouce | Tout ménage, RGE obligatoire | 10 à 25 EUR/m² isolé |
Éco-PTZ | Bouquet de travaux énergétiques | Jusqu'à 30 000 EUR à taux zéro |
TVA réduite 5,5 % | Logement de plus de 2 ans | Sur main-d'œuvre et matériaux énergétiques |
Garantie décennale | Obligatoire pour l'artisan | 10 ans sur la structure et l'étanchéité |
Le label RGE Qualibat 3194 ou 8214 conditionne l'éligibilité aux primes d'isolation : seul un couvreur-zingueur dûment certifié peut faire bénéficier le maître d'ouvrage de MaPrimeRénov'.
Au-delà de la décennale, on demande systématiquement l'attestation d'assurance responsabilité civile professionnelle et la preuve de la garantie de parfait achèvement sur un an.
Une lucarne bien conçue conjugue charpente, couverture, zinguerie et menuiserie en un seul ouvrage : c'est ce qui en fait l'un des chantiers les plus exigeants du métier de couvreur-zingueur dans les Bouches-du-Rhône.
Erreurs fréquentes à éviter lors de la création d'une lucarne
La première erreur consiste à sous-dimensionner le chevêtre : on voit encore en rénovation des chevêtres en 50 par 100 reprenant trois chevrons sectionnés, ce qui provoque un affaissement progressif du rampant.
Deuxième erreur, l'absence d'écran de sous-toiture HPV sur les joues : la condensation finit par migrer dans l'isolant et noircir les bois en moins de deux saisons.
Troisième erreur, les noquets en zinc trop courts : un retour de seulement 40 ou 50 millimètres sous le couvrement principal ne tient pas le coup d'un épisode cévenol ou d'un mistral à 100 km/h.
Quatrième erreur, le dimensionnement du Velux versus la lucarne : trop de maîtres d'ouvrage hésitent et choisissent finalement un châssis dans la pente alors qu'une lucarne aurait apporté un gain de hauteur sous plafond bien supérieur.
Cinquième erreur, l'absence de ventilation en sous-face de couvrement : sans lame d'air ventilée, les tuiles s'encrassent par-dessous et le voligeage se dégrade prématurément.
Dernière erreur, le choix d'un fronton bois non protégé : sur une exposition sud-ouest, un fronton brut perd ses peintures en deux ans et noircit irrémédiablement en quatre.
Cas concrets sur Marseille, Châteauneuf et l'Étang de Berre
Dans le quartier des Cinq-Avenues à Marseille sur une maison bourgeoise de 1905, la pose d'une lucarne retroussée de 160 centimètres a permis de gagner 4 mètres carrés de surface habitable au troisième niveau, pour un budget d'environ 13 800 euros TTC en 2025.
À Châteauneuf-les-Martigues sur une villa des années 80 couverte en tuile romane mécanique, la création de deux chien-assis identiques de 100 centimètres a éclairé un comble aménagé de 22 mètres carrés pour 9 200 euros TTC, garanties décennale et parfait achèvement incluses.
Sur les rives sud de l'Étang de Berre, du côté de Saint-Mitre-les-Remparts sur une bastide en tuile canal récupérée, une jacobine traditionnelle de 160 centimètres avec joues en enduit chaux a été montée pour 12 800 euros TTC, dans le respect strict du règlement du PLU.
À Aix-en-Provence dans le secteur sauvegardé autour de la cathédrale Saint-Sauveur, la moindre lucarne passe par l'avis conforme de l'Architecte des Bâtiments de France : le délai d'instruction dépasse souvent quatre mois et impose la dépose patiente du couvrement existant.
À Martigues, sur l'île ou autour du quartier Ferrières face au canal, les chien-assis sont fréquents sur les anciennes maisons de pêcheurs car ils permettent d'augmenter la pièce d'eau sans alourdir la silhouette générale du quartier.
Entretien d'une lucarne : visites de contrôle et points à surveiller
Une lucarne bien posée traverse les décennies, mais elle exige une visite annuelle de couvreur pour maintenir son étanchéité en climat méditerranéen.
On contrôle en priorité les noquets et solins de raccord : tout enfoncement, soulèvement de tuile ou départ de mortier doit être traité avant la saison des pluies cévenoles d'automne.
On vérifie également l'intégrité des peintures sur les frontons bois : un fronton non entretenu absorbe l'eau et finit par déformer la menuiserie de la dormante.
Sur les lucarnes avec habillage zinc complet — capucines, jacobines à couverture zinc — la patine grise du métal indique son bon vieillissement : aucune intervention n'est requise avant 50 ans en moyenne.
En cas de doute, un test d'arrosage à la lance pendant 20 minutes par zone permet de localiser la moindre infiltration avant qu'elle ne se traduise par une tache au plafond.
Conclusion : confier la création d'une lucarne à un artisan local
Créer une lucarne ou un chien-assis dans les Bouches-du-Rhône reste l'un des chantiers les plus techniques pour un couvreur-zingueur, et l'un des plus gratifiants pour le maître d'ouvrage.
Au-delà du gain de surface habitable, c'est l'identité architecturale du bâti qui se joue à chaque détail : choix du type, intégration au PLU, qualité des bois, propreté des abergements zinc.
Pour étudier votre projet, obtenir un diagnostic gratuit et un devis détaillé conforme aux exigences locales, contactez Frédéric Ricotier, couvreur-zingueur à Châteauneuf-les-Martigues, qui intervient sur l'ensemble des Bouches-du-Rhône.

