Chauves-souris et hirondelles sous une toiture des Bouches-du-Rhône : espèces protégées et calendrier de chantier

Sommaire
Introduction
Un propriétaire des Bouches-du-Rhône qui fait relever sa toiture découvre parfois autre chose que des tuiles fatiguées. Une colonie installée derrière une rive, un nid collé sous le débord de toit, et le chantier prévu change de nature.
Ces animaux ne sont pas des nuisibles au sens où on l'entend d'ordinaire. Ce sont des espèces protégées par le code de l'environnement, et les endroits où elles se reproduisent et se reposent le sont également.
La conséquence est très concrète pour qui refait un toit. Elle ne porte presque jamais sur la technique de couverture, mais sur la date du chantier et sur l'ordre des opérations.
Un couvreur qui connaît le sujet le voit lors du relevé, pas le matin de la dépose. C'est la différence entre un chantier décalé de quelques semaines et une infraction constatée sur un bâtiment déjà ouvert.
Les pages qui suivent décrivent ce que nous cherchons avant de monter, ce que la réglementation interdit réellement, la fenêtre de l'année qui reste praticable, et les gîtes de remplacement que l'on installe dans le même mouvement.
Une toiture qui abrite une colonie n'est plus un simple ouvrage de couverture
Une couverture en tuile canal du pourtour de l'étang de Berre offre, sans l'avoir cherché, un abri remarquable. Entre la tuile de courant et la tuile de couvert, le volume est sec, ventilé, à l'abri du mistral et chauffé par le soleil de l'après-midi.
C'est exactement ce que cherche une chauve-souris pour mettre bas. Les combles d'un mas, le vide d'une rive maçonnée et l'arrière d'un cache-moineaux constituent trois gîtes distincts dans une seule toiture.
Ce qu'un couvreur trouve sous les tuiles et sous l'avant-toit
Sur le terrain, la découverte se fait presque toujours dans le même ordre. On monte pour relever un désordre d'étanchéité, et c'est en soulevant les premières tuiles que l'on voit le guano ou les traces grasses autour d'un passage.
Les nids d'oiseaux, eux, se voient depuis le sol. Ils sont collés sous l'avancée de toit, contre la sous-face, ou nichés dans un trou de boulin d'un mur ancien, ce qui les place pile dans l'emprise d'un échafaudage de ravalement.
Un relevé sérieux note ces éléments au même titre qu'une tuile cassée. La différence est que la tuile se remplace le jour voulu, alors que le gîte impose son propre calendrier.
Pourquoi le sujet arrive presque toujours trop tard
La demande de travaux de couverture se décide au printemps, quand les pluies de l'hiver ont laissé une trace au plafond. Or le printemps est précisément le moment de l'année où il ne faut pas ouvrir un toit habité par une colonie.
Le propriétaire n'a rien fait de mal : personne ne lui a dit de regarder. Le réflexe utile consiste à faire relever la toiture une saison avant le chantier, quand la question se pose encore à froid.
Les hôtes que l'on trouve vraiment sous une toiture provençale
Deux familles d'animaux se partagent le bâti du secteur, et elles ne posent pas du tout les mêmes contraintes. Les premières vivent dans le volume de la toiture, les secondes construisent à l'extérieur, sur la façade et sous le débord.
Les chauves-souris, derrière une tuile ou dans le volume des combles
Toutes les espèces de chauves-souris présentes en France métropolitaine figurent sur la liste des mammifères protégés. La pipistrelle commune est de très loin la plus fréquente dans les bâtiments, et c'est aussi la plus discrète.
Sa discrétion vient de sa taille. Une pipistrelle passe par une fissure d'un centimètre et demi, et un jeune se faufile dans un interstice de huit millimètres.
Les points d'entrée classiques d'une maison du secteur sont connus. Ce sont la rive, le faîtage, une tuile soulevée, un caisson de volet roulant, le vide d'une souche et la jonction entre deux corps de bâtiment.
Ces animaux sont fidèles à leur gîte et y reviennent d'une année sur l'autre. Une colonie chassée ne se disperse pas forcément dans la nature : elle se réinstalle souvent chez le voisin, parfois dans un endroit bien moins adapté.
Hirondelles et martinets, sous le débord et dans les trous de boulin
L'hirondelle rustique arrive en France courant mars et repart en septembre, l'hirondelle de fenêtre arrive en avril pour le même départ. Le martinet noir, lui, s'installe courant mai et file dès la fin de l'été, son départ vers l'Afrique s'amorçant dès la mi-juillet.
Ces oiseaux reviennent sur le site de l'année précédente. Les couples de martinets sont formés pour la vie et fidèles à la cavité choisie, ce qui explique qu'un trou rebouché prive la colonie de son unique point d'accès.
Leur emplacement de prédilection est le débord de toit, c'est-à-dire la zone que l'on reprend lors d'un habillage. Nous le signalons donc systématiquement quand nous intervenons sur une planche de rive et un cache-moineaux, car la pose d'une sous-face ferme d'un coup tous les accès existants.
Reconnaître un nid d'hirondelle d'un nid de martinet
La distinction se fait depuis le sol, sans jumelles, et elle compte pour la suite. L'hirondelle construit un nid de boue visible, accolé à la paroi sous une avancée, tandis que le martinet occupe une cavité et ne laisse rien voir de l'extérieur.
Cette différence explique une erreur fréquente de chantier. On croit une façade libre parce qu'aucun nid n'est visible, alors que les loges de martinets sont simplement invisibles depuis la rue.
Ce que la protection des espèces interdit, et jusqu'où elle va
Le principe figure dans le code de l'environnement, puis se décline dans deux arrêtés ministériels, l'un pour les mammifères terrestres, l'autre pour les oiseaux. Ces textes ne protègent pas seulement les animaux : ils protègent aussi les lieux où ils se reproduisent et se reposent.
Les individus, mais aussi les nids et les gîtes
Pour les oiseaux, l'interdiction porte sur la destruction et l'enlèvement des nids et des pontes, sur la capture et la destruction des animaux, et sur leur perturbation intentionnelle. Elle vaut en tout temps et en tout lieu, y compris sur une façade privée.
Pour les chauves-souris, l'arrêté sur les mammifères protégés ajoute une interdiction redoutable pour un chantier. Sont également proscrites la destruction, l'altération et la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos.
Le texte précise la portée de cette seconde interdiction. Elle s'applique aux éléments physiques nécessaires à la reproduction ou au repos de l'espèce, aussi longtemps qu'ils sont effectivement utilisés ou utilisables au cours des cycles successifs, et pour autant que l'atteinte remette en cause le bon accomplissement de ces cycles.
Autrement dit, le volume de comble lui-même entre dans le champ de la protection. Boucher les accès d'une colonie, même hors de sa présence, revient à dégrader un gîte dont elle a besoin l'année suivante.
Un nid vide reste un nid
C'est le point que les propriétaires découvrent avec le plus de surprise. Selon la Ligue pour la protection des oiseaux, il est interdit de détruire ou d'enlever un nid d'hirondelle ou de martinet, même en dehors des périodes de présence de ces espèces.
La logique se comprend quand on sait que les oiseaux reviennent au même nid. Un nid gratté en novembre parce qu'il salit la façade est un nid supprimé pour la nichée du printemps suivant.
La perturbation intentionnelle, la notion qui vise directement le chantier
Un chantier de couverture n'a jamais l'intention de détruire quoi que ce soit, et c'est pourtant ce terme qui l'expose. La perturbation intentionnelle est interdite notamment pendant la période de reproduction et de dépendance des jeunes, dès lors qu'elle remet en cause le bon déroulement du cycle biologique.
Une dépose de tuiles au-dessus d'une colonie de mise bas coche toutes les cases, sans malveillance aucune. L'intention visée par le texte est celle de l'acte, pas celle du dommage, et c'est bien l'acte de découvrir le toit qui est volontaire.
Repérer la présence avant de commander l'échafaudage
Tout se joue au relevé préalable. Un couvreur ne se substitue pas à un naturaliste, mais il sait reconnaître les indices et il sait quand s'arrêter pour faire venir quelqu'un.
Les indices visibles depuis le sol et depuis les combles
Le premier indice est le guano, un amas de petites crottes noires qui s'effritent à la moindre pression et qui s'accumule sous un passage. Il se distingue des crottes de rongeur parce qu'il se réduit en poussière brillante entre deux doigts, les ailes d'insectes qu'il contient renvoyant la lumière.
Le deuxième indice tient aux traces sombres et légèrement grasses qui entourent une entrée régulièrement empruntée. Sur une rive maçonnée claire, cette auréole de passage se voit mieux que l'animal lui-même.
Le troisième indice se lit dans les combles, à condition d'y monter correctement. Une visite du volume sous charpente, comme celle que nous décrivons pour l'aménagement de combles sur charpente fermette, permet de voir les traces au sol avant d'avoir touché une seule tuile.
La sortie au crépuscule, le relevé qui tranche
Quand les indices sont là mais que le doute subsiste, une seule observation suffit souvent à décider. On se poste dehors au crépuscule et on compte les animaux qui sortent, en notant par quelle ouverture ils passent.
Cette observation donne deux renseignements que rien d'autre ne donne. Elle dit si le gîte est occupé cette année, et quels accès précis devront être préservés pendant la reprise de couverture.
Qui appeler pour un diagnostic
Pour un particulier, les associations naturalistes et les groupes chiroptères régionaux assurent ce repérage, souvent dans le cadre d'un accompagnement bénévole. Pour une collectivité ou une copropriété, le diagnostic est confié à un écologue d'un bureau d'études, dont le rapport servira ensuite de pièce au dossier.
Le réseau de bénévoles qui prend en charge les chauves-souris en difficulté assure aussi du conseil. Dans tous les cas, cet appel se place en amont du chantier, pas une fois les premières tuiles déposées.
Le calendrier, première contrainte d'un chantier de couverture
C'est ici que le sujet devient opérationnel. La question n'est pas de savoir si l'on peut refaire le toit, mais à quel moment de l'année on peut l'ouvrir sans porter atteinte à ce qu'il abrite.
Le cycle des chauves-souris dans un bâtiment
Les colonies sont généralement présentes dans les bâtiments d'avril à octobre, les dates d'arrivée et de départ variant selon les espèces. L'été correspond à la mise bas et à l'élevage des jeunes, à raison d'un seul petit par an et par femelle.
Pendant cette période, les guides techniques sont catégoriques. De mai à fin août, il faut s'abstenir de tout jointoiement de murs anciens, et une colonie installée derrière un crépi décollé ne se touche pas tant qu'elle abrite des jeunes non volants, soit de juin à la mi-août.
Vient ensuite la mauvaise saison, pendant laquelle une partie des individus hiberne dans des volumes abrités. Les recommandations naturalistes demandent d'épargner aussi cette phase, sans qu'une date unique puisse être donnée pour notre région, où les hivers doux déplacent les repères.
La saison des hirondelles et des martinets
Du côté des oiseaux, la fiche consacrée au martinet noir est explicite sur le principe. Il faut éviter d'entreprendre des travaux sur les façades occupées pendant la saison de nidification, de la mi-mars à la fin du mois d'août.
Les cahiers techniques des associations vont dans le même sens et donnent une fenêtre pour les chantiers. Il s'agit de définir un calendrier d'intervention hors période de nidification, soit entre octobre et février, en veillant à ne détruire aucun nid au passage.
Octobre, la fenêtre commune quand les deux sont présents
Si l'on superpose les deux calendriers, le résultat est net et franchement serré. Les travaux sont jugés possibles en septembre et en octobre pour les colonies, et admis d'octobre à février pour les oiseaux : le mois d'octobre est donc le seul que les deux calendriers acceptent ensemble.
Cette conclusion a une traduction très simple pour un propriétaire du secteur. Un chantier de couverture sur un bâtiment habité par ces espèces se décide au printemps et se réalise à l'automne, jamais l'inverse.
La même logique de saison vaut pour les produits appliqués sur le bois. Un traitement de charpente contre les insectes xylophages ne s'applique dans un comble occupé qu'avec des produits adaptés et à certaines périodes seulement, ce qui relève du même arbitrage de planning.
Conduire le chantier sans détruire le gîte
Une fois la date arrêtée, la conduite du chantier demande quelques précautions qui ne changent rien à la technique. Elles tiennent surtout à l'ordre des opérations et à ce que l'on referme le soir.
Découvrir la toiture par parties
Sur un bâtiment long, découvrir l'intégralité du versant le premier matin supprime le gîte d'un seul coup. Travailler par sections, en laissant la partie non traitée accessible aux animaux, permet à une colonie tardive de se replier au lieu d'être enfermée.
Le phasage a un deuxième mérite, celui de limiter l'exposition de la charpente aux averses d'automne. Il se négocie au moment du relevé, car il change le nombre de bâchages de nuit et la durée d'immobilisation de l'échafaudage.
L'écran de sous-toiture, la décision qui ferme le volume
C'est l'arbitrage technique que l'on néglige presque toujours. Poser un écran de sous-toiture perméable à la vapeur sépare définitivement le volume du comble de l'espace sous tuiles, et prive une colonie installée dans ce comble de tous ses accès d'un seul geste.
Ce n'est pas une raison de renoncer à l'écran, qui protège la charpente et la couverture. C'est une raison de prévoir l'accès de remplacement dans le même devis, pendant que la toiture est ouverte et que tout est atteignable.
Obturer, mais au bon moment et dans le bon ordre
Quand une fermeture d'accès est inévitable, les naturalistes décrivent un protocole simple. On vérifie quelques jours avant quelles ouvertures sont réellement occupées, par un contrôle à l'aube au retour au gîte, puis on referme le soir, après l'envol et après s'être assuré qu'aucun animal n'est resté à l'intérieur.
Le risque que ce protocole écarte est le plus grave de tous. Une obturation faite au jugé emmure des animaux vivants dans un volume dont ils ne sortiront pas, ce qui constitue précisément la destruction que les textes interdisent.
Quand l'atteinte ne peut pas être évitée : la dérogation
Il existe des cas où le chantier ne peut pas s'adapter : une charpente qui menace, un gîte situé exactement à l'endroit à reprendre, un bâtiment à usage public. La réglementation prévoit alors un régime de dérogation, qui s'obtient avant les travaux et jamais après.
Qui instruit la demande, et avec quels délais
La dérogation est accordée par le préfet du département du lieu de l'opération, après avis du Conseil national de protection de la nature. Le dossier est déposé en préfecture avec une copie à la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, que le préfet saisit pour instruction.
Les délais commandent tout le reste du planning. Les cahiers techniques demandent de compter au moins douze semaines avant la date des commissions, pour un temps moyen d'obtention d'environ six mois.
Ce délai explique à lui seul pourquoi le sujet se traite au relevé. Sur un bien loué, la décision revient au propriétaire et non à l'occupant, répartition détaillée dans notre page sur la toiture d'une maison louée : le temps d'instruction s'ajoute alors au temps d'arbitrage entre les deux parties.
Éviter, réduire, compenser
La démarche attendue suit toujours la même séquence, et le dossier est jugé là-dessus. Il faut éviter en priorité les atteintes, les réduire autant que possible, et compenser seulement en dernier recours.
Deux conditions de fond s'y ajoutent. Il ne doit exister aucune autre solution ayant un moindre impact, et l'opération ne doit pas porter atteinte au maintien des populations de l'espèce concernée dans son aire de répartition naturelle.
Les mesures compensatoires retenues ont elles aussi leur calendrier. Elles doivent être installées avant le retour d'hivernage des oiseaux, faute de quoi la colonie revient sur un bâtiment qui ne lui offre plus rien.
Gîtes et nichoirs de remplacement : ce qu'un couvreur peut poser
C'est la partie du sujet qui relève pleinement de notre métier. Un gîte de remplacement se construit avec les mêmes matériaux et les mêmes gestes qu'une tuile de ventilation ou une rive, et il se pose pendant le chantier, pas après.
Un compartiment entre deux chevrons
La solution de référence pour les chauves-souris consiste à aménager un volume dédié dans la toiture elle-même. On ménage un compartiment entre deux chevrons, séparé de l'isolation et ouvert vers le sud-est ou le sud-ouest, pour qu'il capte la chaleur de l'après-midi.
L'accès se crée sans rien dénaturer, par une découpe dans une panne de rive, dans l'arasement d'un pignon ou par une tuile de ventilation détournée de son usage. Une seule précaution de bon sens s'impose : ne jamais placer cet accès au-dessus d'une terrasse ou d'une porte d'entrée.
Le choix de l'isolant compte autant que la menuiserie. Les guides naturalistes écartent la laine minérale laissée à nu, qui s'imprègne, et recommandent de la mettre en sandwich entre deux parements, ce que nous faisons de toute façon lors d'une isolation de combles perdus par soufflage.
Nichoirs d'hirondelle et de martinet sous le débord
Pour les oiseaux, le remplacement prend la forme de nids artificiels fixés en hauteur. Ils se posent sous une avancée de toit, bien dégagés, et orientés à l'abri du soleil de plein midi, le martinet exigeant en plus un envol sans obstacle devant la cavité.
Le principe à retenir est que l'on remplace ce que l'on ferme, au même endroit et en même nombre. Un gîte artificiel posé loin du gîte d'origine a nettement moins de chances d'être adopté, et le calendrier vaut aussi pour lui.
Pour les chauves-souris délogées, les fiches techniques conseillent de poser le gîte de remplacement à proximité dès la fin de l'hiver qui précède les travaux, de sorte qu'il soit disponible au retour de la colonie.
Les salissures, l'objection la plus fréquente
L'argument qui revient le plus souvent n'est pas réglementaire mais esthétique : les fientes marquent la façade sous les nids. La parade est connue et discrète, une planchette de récupération fixée sous la ligne des nids, nettoyée une fois par an hors période de nidification.
Cette solution règle le vrai problème sans créer l'infraction. Elle évite surtout le geste réflexe du jet d'eau sur un nid occupé, qui est une destruction au sens des textes.
Tableau récapitulatif des situations rencontrées en toiture
Le tableau ci-dessous rassemble les configurations que nous retrouvons régulièrement sur les toitures du secteur. Il donne l'indice à chercher, la contrainte de saison et le geste de couverture qui en découle.
Situation constatée | Indice ou espèce | Ce que le chantier doit prévoir |
Guano sous une rive, traces grasses au passage | Colonie de chauves-souris en espace sous tuiles | Report du chantier à l'automne, phasage par sections |
Crottes au sol dans les combles, bruits en soirée | Colonie installée dans le volume du comble | Compartiment de remplacement avant la pose d'un écran |
Nid de boue collé sous l'avancée de toit | Hirondelle de fenêtre ou hirondelle rustique | Intervention hors nidification, nid conservé en place |
Aucun nid visible mais va-et-vient sous la rive | Martinet noir en cavité | Repérage des loges, maintien des trous d'accès |
Gîte situé pile à l'endroit à reprendre | Espèce protégée, atteinte inévitable | Dossier de dérogation déposé plusieurs mois avant |
Fientes marquant la façade sous les nids | Colonie d'oiseaux installée de longue date | Planchette de récupération, nettoyage hors saison |
Souche creuse ou caisson de volet ouvert | Gîte secondaire, souvent occupé par un seul individu | Fermeture après contrôle du départ, fente de remplacement |
Avis client
Ce retour nous vient d'un mas des hauteurs de Saint-Chamas, dont le propriétaire voulait faire reprendre un versant complet au mois de juin. Le relevé a changé la date du chantier, pas son contenu.
Je voulais que ce soit fait avant l'été et je ne comprenais pas pourquoi on me parlait de septembre. Monsieur Ricotier m'a montré les traces sous la rive et m'a fait sortir un soir pour compter les sorties. Nous avons attendu l'automne, et il a monté le chantier en deux parties pour laisser un côté libre. Il a posé au passage un compartiment sous le toit avec une tuile d'accès, que je ne vois même pas depuis la cour. Le versant a été refait comme prévu et la colonie est revenue au printemps suivant. Je n'ai rien perdu dans l'affaire, à part trois mois d'attente que personne ne m'avait annoncés au départ.
Rien n'était exceptionnel dans ce chantier, sauf le moment où la question a enfin été posée. Le propriétaire n'avait aucune mauvaise intention, il lui manquait l'information au moment où il choisissait sa date.
Questions fréquentes
Puis-je faire refaire ma toiture si des chauves-souris y sont installées ?
Oui, et c'est même le cas de figure ordinaire, sans aucune démarche administrative. Ce qui change, c'est la date du chantier et le maintien d'un accès de remplacement, deux points qui se règlent au relevé.
Puis-je retirer un nid d'hirondelle vide, en plein hiver ?
Non, et c'est le point qui surprend le plus. Un nid de ces deux familles reste protégé hors saison, parce que les oiseaux revenus de migration reprennent l'emplacement exact qu'ils avaient quitté.
Comment savoir s'il y a une colonie avant d'ouvrir le toit ?
Trois indices suffisent à lever le doute dans la plupart des cas : du guano qui s'effrite sous un passage, des traces grasses autour d'une ouverture, des déjections accumulées sur le plancher du comble. Une observation au crépuscule confirme l'occupation et localise les accès.
Les chauves-souris abîment-elles la charpente ou la couverture ?
Non, elles ne rongent pas le bois et ne creusent rien : leur régime est exclusivement composé d'insectes, ce qui en fait plutôt des alliées contre les moustiques. La seule gêne réelle est l'accumulation de guano sous un passage, qui se nettoie.
Quelle est la bonne période pour mon chantier de couverture ?
Pour une colonie de chauves-souris, les fiches techniques situent la bonne fenêtre en début d'automne. Pour les oiseaux, elle court d'octobre à février : l'automne est donc le seul moment où les deux calendriers se rejoignent.
Qui doit porter la demande de dérogation quand la maison est louée ?
Le propriétaire, puisque la décision de travaux sur la couverture lui appartient, de même que la demande administrative qui l'accompagne. Le locataire n'a aucune démarche à faire, mais il doit être prévenu du calendrier retenu.
Faire relever votre toiture avant d'ouvrir le chantier
Vous préparez une reprise de couverture sur une maison ancienne du secteur et vous ignorez ce que votre toit abrite réellement. Un relevé mené avant le montage de l'échafaudage dit ce qui est possible, et à quelle saison.
Nous notons les indices de présence, les accès à préserver et les gîtes de remplacement à poser tant que la couverture reste découverte. Vous repartez avec une date tenable et un chantier qui ne vous expose à rien.
Dans les communes voisines, de Saint-Chamas au Rove, Frédéric Ricotier, couvreur-zingueur à Châteauneuf-les-Martigues, monte sur le toit avant toute décision. Demandez une visite technique et un devis personnalisé : la date du chantier sera ensuite arrêtée en fonction de ce que votre toiture héberge.

